Sylvie Charrière
Députée de la Seine-Saint-Denis
Sylvie Charrière

Gagny - Rosny-sous-Bois - Villemomble

Députée de la Seine-Saint-Denis

Présentation du plan de déconfinement par le Premier Ministre devant l’Assemblée nationale

Covid-19

Mardi 28 avril, le Premier ministre a présenté, devant la représentation nationale, le plan de déconfinement de la France.

Depuis le 17 mars dernier, sauf rares exceptions, tous les Français sont confinés à leur domicile. Grâce à cette mesure sans précédent, le Premier ministre a indiqué que depuis le 14 avril, le nombre de cas de Covid-19 hospitalisés diminue. De plus de 32 000 patients hospitalisés, ce nombre est descendu à̀ 28 000. Depuis le 8 avril, le nombre de cas de Covid-19 en réanimation diminue également : il dépassait 7100, il est désormais de 4600. Selon une étude de l’École des hautes études de santé publique, le confinement aura ainsi permis d’éviter au moins 62 000 décès sur un mois et 105 000 lits de réanimation auraient manqués, s’il n’avait pas eu lieu. Grâce au personnel soignant, aux travailleurs de première ligne mais aussi à tous les Français qui restent chez eux, nous voyons poindre une lueur dans l’obscurité. Si rien n’est dernière nous, nos efforts commencent à payer et nous devons les poursuivre avec la même rigueur, la même gravité et la même prudence.

Comme l’a indiqué le Président de la République dans son allocution aux Français du 13 avril dernier, un cap a été fixé pour le début du déconfinement : le 11 mai.

Cependant et avant de développer la stratégie de déconfinement décrite par le Premier ministre, nous sommes face à trois constats : 

  • Tant qu’il n’y a pas de vaccin, de traitement ou d’immunité de groupe, nous allons devoir apprendre à vivre avec le virus et à nous en protéger.
  • Le risque d’une seconde vague doit être pris au sérieux et il impose de procéder avec prudence et progressivité.
  • La circulation du virus n’est pas la même dans tous nos territoires et crée des différences. Cela veut dire que le même schéma ne pourra pas s’appliquer pour des situations différentes et que les autorités locales auront la possibilité d’adapter la stratégie nationale selon les circonstances.

A partir du 11 mai, la stratégie s’articulera autour de trois axes : protéger, tester, isoler.

  1. Protéger :
  • Il faudra évidemment absolument continuer à respecter les gestes barrières (distanciation physique et lavage scrupuleux des mains).
  • Le port du masque sera généralisé (et parfois obligatoire dans certaines situations, voir ci-dessous) : Sur ce point, le 11 mai, il y aura assez de masques en tissu et les Français pourront se procurer des masques grand public dans les commerces.
  1. Tester :
  • A la sortie du confinement il y aura une massification des tests, l’objectif étant de 700 000 tests virologiques par semaine. Cela impliquera de tester entre 20 et 25 personnes autour de chaque personne contaminée grâce à la mobilisation des laboratoires publics et privés.
  • Ces tests seront remboursés par l’assurance maladie.
  • Des brigades, par département, seront chargées de remonter les cas contacts et d'assurer le suivi des tests, ainsi que l’application de la doctrine nationale.

 

  1.  Isoler :

 

Les porteurs du virus seront isolés pour casser la chaine de transmission. Cet isolement signifie devra être suivi sur la base du civisme de chacun. Si une personne est testée positive, elle devra se confiner soit à son domicile, soit dans l’un des hôtels qui seront prévus à cet effet.

 

Un déconfinement qui ne sera possible que si l’épidémie continue à faiblir

 

Le Premier ministre a été clair, si le confinement se relâche d’ici le 11 mai et qu'il apparaît que plus de cas que prévus apparaissent ou que l’on ne parvient pas à reconstituer les chaînes, nous ne déconfinerons pas le 11 mai ou alors, plus sévèrement.

 

Ces incertitudes doivent inciter à la plus grande discipline et éviter les risques de relâchement.

 

Si tout est prêt le 11 mai, une phase nouvelle ouvrira jusqu’au 2 juin pour apprécier les évolutions. Puis nouvelle phase ouvrira jusqu’à l’été.

 

Un déconfinement territorial se fera selon le niveau épidémique de chaque département : des indicateurs seront définis le 7 mai pour définir le 11 mai quel sera le plan de circulation applicable selon les départements. A partir de jeudi 30 avril, une carte, département par département, sera rendue publique pour définir et préparer les modalités de circulation.

Notre vie quotidienne après le confinement

Après le confinement, ce n’est pas encore la vie d’avant qui reprend. S’il sera possible de sortir sans attestation, les rassemblements publics ou privés ne pourront excéder 10 personnes. Aussi, tous les pans de notre vie quotidienne demeureront affectés :

Activités culturelles

  • Les médiathèques, les bibliothèques ainsi que les petits musées pourront rouvrir dès le 11 mai.
  • Les grands musées resteront quant à eux fermés.
  • Les salles des fêtes et les salles polyvalentes resteront elles aussi fermées, pour le moment, jusqu’à la réévaluation du 2 juin.
  • Les manifestations sportives, culturelles, les salons professionnels (+ de 5000 participants) ne pourront pas ouvrir avant septembre. Cela implique notamment qu'il n'y aura pas de reprise pour les saisons sportives 2019-2020.

Les commerces

  • Tous les commerces pourront rouvrir à partir du 11 mai : tous sauf cafés et restaurants pourront ouvrir. Les marchés seront autorisés, sauf décision des maires et préfets.
  • La réouverture des cafés et restaurants sera décidée à la fin de la première phase de déconfinement, le 2 juin.
  • Il faudra, pour tous les commerces, le respect d'un cahier des charges stricts : limitation du nombre de personnes dans le magasin et port du masque grand public (clients et personnel) recommandé quand la distanciation physique ne pourra être garantie. Un commerçant pourra subordonner l'entrée dans son magasin au port du masque.
  • Exception pour les centres commerciaux : les préfets pourront décider de ne pas laisser ouvrir les centres commerciaux, de plus de 40 000m2, qui attirent de nombreux individus en dehors de leur bassin de vie.

Le travail

  • Le télétravail doit être maintenu partout où c'est possible, au moins pendant les 3 prochaines semaines.
  • Lorsque le télétravail n'est pas possible : La pratique des horaires décalés doit être encouragée. Elle permettra de diminuer la présence dans les transports aux heures de pointe et la circulation dans les espaces de travail.
  • Conditions de travail : Un travail est en cours avec les fédérations professionnelles pour réaliser des guides utiles dans les entreprises. Aujourd'hui, 33 guides sont disponibles, il en faut 60 pour couvrir tous les secteurs. Ils seront tous prêts pour le 11 mai.
  • Il faudra porter une attention particulière : à l’emploi du temps, aux gestes barrières, à l’aménagement du poste de travail, au port du masque si pas distanciation physique possible.
  • Une réunion de travail avec les fédérations patronales aura lieu le 30 avril prochain sur le sujet des guides pratiques et des mesures d'accompagnement des entreprises.
  • L’activité partielle reste en place jusqu'au 1er juin, puis sera progressivement adapté pour la reprise de l'activité.

L'école

Le retour des enfants dans les établissements scolaires est un impératif pédagogique et de justice sociale, en particulier pour ceux qui ont des difficultés à suivre l’enseignement à distance mais, comme l’a indiqué le Premier ministre, ce retour doit être concilié avec la préservation de nos objectifs de santé publique.

Une réouverture très progressive est proposée à compter du 11 mai pour les maternelles et l’école élémentaire, sur tout le territoire et sur la base du volontariat.

A partir du 18 mai, mais seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible, la réouverture des collèges pourra être envisagée en commençant par les classes de 6ème et 5ème.

Une décision sera prise fin mai quant à la réouverture des lycées, en commençant par les lycées professionnels début juin. 

 

Les mesures sanitaires qui seront prises à l’école :

 

  • Pas plus de 15 élèves par classe.
  • Une vie scolaire organisée autour du respect des gestes barrières, de mesures d’hygiène strictes et de la distribution de gels hydro-alcooliques.
  • Tous les enseignants et encadrants des établissements scolaires recevront des masques, qu’ils devront porter quand ils ne pourront respecter les règles de distanciation sociale.
  • Selon les recommandations scientifiques, le port du masque en maternelle est prohibé, sauf pour les encadrants.
  • Le masque n’est pas recommandé à l’école élémentaire mais des masques pédiatriques seront mis à disposition des directeurs d’école, en cas de besoin.
  • Au collège, le port du masque sera obligatoire : des masques seront fournis aux collégiens qui n’ont pu s’en procurer.

 

En définitive, la scolarité pourra être suivie au sein de l’école, au domicile avec un enseignement distance gratuit, en étude, dans le cadre d’activités 2S2C (sport, santé, culture, civisme).

Les transports

Les transports reprendront avec deux objectifs clairs :

  • Augmenter au maximum l’offre de transports urbains. 70% de l’offre de la RATP sera disponible le 11 mai.
  • Faire baisser la demande, en favorisant le télétravail, en étalant les horaires, en réservant, si besoin, les transports aux heures de pointe à ceux qui travaillent.

 

Mesures sanitaires dans les transports :

  • Le port du masque sera obligatoire dans tous les transports, métro comme bus.
  • Les opérateurs devront s’organiser pour permettre de respecter les gestes barrières. Exemple, dans le métro parisien : capacité réduite à moins de 30% de la normale, un siège sur deux condamné, marquages au sol sur les quais, etc.
  • Les bus scolaires circuleront à moitié-vide, avec obligation de port du masque pour les collégiens et les chauffeurs.
  • Le port du masque sera également obligatoire dans les taxis et les VTC qui ne disposent pas de protection en plexiglas.

 

Pour les déplacements inter-régionaux ou inter départementaux, l’objectif est de les réduire aux seuls motifs professionnels ou familiaux impérieux avec une réduction de l’offre et réservation obligatoire dans tous les trains.

Un nouveau projet de loi pour encadrer les nouvelles mesures du déconfinement

Pour encadrer juridiquement toutes ces mesures, il sera proposé au Parlement d’adopter prochainement une loi qui, en plus de proroger l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 23 juillet, autorisera la mise en œuvre des dispositions nécessaires à l’accompagnement du déconfinement. Ce projet de loi sera présenté lors d’un Conseil des Ministres qui se tiendra samedi prochain et sera soumis au Sénat et à l’Assemblée nationale, la semaine prochaine. 

Le déconfinement est l’un des dispositifs les plus complexes que nous ayons eu à penser et mettre en œuvre. Il revêt, par essence, plusieurs inconnues que nous pourrons parer au mieux avec méthode, discipline, courage et civisme. Encore une fois, c’est ensemble que nous pourrons travailler à revoir les jours heureux.


Articles similaires

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins d'analyse d'audience, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.