Nos jeunes gabiniens rendent hommage à Paul et Gisèle Laguesse

02 Mai 2022 Sylvie Charrière En circonscription

Le 19 avril dernier, l’école primaire Paul Laguesse de Gagny m’a fait l’honneur de me convier à la cérémonie d’inauguration de la fresque réalisée en l’honneur du résistant Paul Lagesse et de sa femme, Gisèle Laguesse.

Ce fut l’occasion pour moi, comme pour tous, d’honorer la mémoire de celles et ceux qui portaient haut les valeurs de la République au moment où l’histoire écrivait l’une des pages les plus obscures de notre pays. Ce “peuple d’ombres”, comme le disait André Malraux, nous éclaire encore aujourd’hui de son courage et de son obsession d’hier - le courage de son indéfectible espoir et son obsession si noble pour la liberté.

Parmi celles et ceux qui constituent ce peuple, il y a Paul et Gisèle Laguesse.

Dès août 1940, Paul Laguesse, instituteur à Gagny, et Gisèle Laguesse, étudiante en sténo, s’engagent en tant que militants communistes contre le régime de Vichy et font de leur domicile du 66 boulevard Davout à Paris un lieu de réunion de la Résistance. Lorsque le Parti communiste structure l’organisation de ses militants résistants en fondant l’Organisation spéciale (OS), le couple n’hésite pas à héberger certains de ses responsables nationaux. Ils déménagent, en janvier 1942, dans un pavillon au 9 rue Jauzier-Koestler à Saint-Maur-des-Fossés et continuent leurs activités clandestines. Seulement, les Brigades spéciales identifient les liens de Paul Laguesse avec Claude Gaulué, membre de premier plan de l’OS, et font arrêter les Laguesse le 1er mars 1942. Il est incarcéré à la prison du Cherche-Midi, elle se retrouve à la prison de la Santé. Ainsi, séparés, ils ne pourront même pas subir ensemble la fin tragique qu’on leur prépare : Paul Laguesse est fusillé au Mont-Valérien le 21 septembre ; Gisèle Laguesse est déportée à Auschwitz le 24 janvier 1943 et y meurt deux mois plus tard, d’une septicémie.

L’histoire des Laguesse, c’est l’histoire de celles et ceux qui tenaient davantage à la France républicaine qu’à leur propre vie. Leur sacrifice nous a été raconté avec émotion par le neveu de Paul Laguesse, Monsieur Lucien Laguesse.

Au pupitre, M. Lucien Laguesse

Une magnifique initiative a donc été lancée afin de rendre hommage à ce couple de résistants dont l’école porte le nom. Guidés par l’artiste-peintre gabinienne Isabelle Vansteenkiste, les élèves se sont appropriés la mémoire de la Résistance à travers l’exemple des Laguesse, dans une peinture sur bois truffée d’éléments hautement symboliques.

Je dois dire que la composition m’a particulièrement touchée : la colombe de la liberté, placée au-dessus du portrait de Paul Laguesse, fait le lien entre l’école sous ses traits d’antan, à l’époque où l’instituteur y enseignait, et l’école que nous connaissons aujourd’hui ; comme s’il était sous-entendu que le résistant, bien qu’emprisonné et fusillé, n’avait jamais cessé d’être un individu libre, refusant de se soumettre aux nazis comme à leurs collaborateurs vichystes, et que la nouvelle école s’était construite sur cet idéal de liberté.

Enfin, j’ai assisté au dépôt officiel du drapeau qui était dédié par la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP) et j’ai écouté les élèves interpréter le Chant des partisans, sous la conduite de leur enseignante. 

La transmission est assurée, le devoir de mémoire est accompli. J’en sors fière et confiante pour l’avenir.

Enfin, je tiens à remercier et féliciter l’ensemble de l’équipe pédagogique, sans qui cette belle cérémonie n’aurait pas eu lieu.


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